
Dans les documents de la CIA déclassifiés par Donald Trump à propos de l’assassinat du président Kennedy en 1963, il est fait mention de liens entre deux papes et l’agence de renseignement américaine. Des historiens tentent de retrouver des documents sur une telle collaboration.
Trois jours après sa prise de fonction, le président Donald Trump a déclassifié les dernières notes secrètes concernant l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy à Dallas en novembre 1963. Si rien de nouveau ne concerne la mort du 35e président des États-Unis, les quelque 77 000 pages que les Archives nationales ont mises en ligne cette semaine ont révélé d’autres informations.
Parmi elles, il est noté qu’un directeur catholique de la CIA a entretenu des relations secrètes avec deux papes dans les années 1960, révèle le New York Times. Directeur de l’agence entre 1961 et 1965, McCone aurait eu des liens avec les papes Jean XXIII et Paul VI.
Dans une note de 7 pages, écrite en juin 1973, un employé de la C.I.A. énumère les diverses façons dont la C.I.A. avait "outrepassé" sa charte au fil des ans. Effraction au consulat de France à Washington, contamination de sucre destiné à l’Union soviétique, mais aussi liens entre la CIA et le Vatican.
"Enfin, et cela reflète mon éducation protestante occidentale, les relations de McCone avec le Vatican, y compris avec les papes Jean XXIII et Paul VI, auraient et pourraient faire froncer les sourcils dans certains milieux", écrit l'auteur.
Les historiens se sont interrogés sur cette révélation, faite au détour d’une note qui semble anodine. "Cela ouvre une porte sur toute une histoire de collaboration entre le Vatican et la C.I.A., qui serait explosive si nous pouvions obtenir des documents à ce sujet", a expliqué Peter Kornbluh, analyste principal à la National Security Archive, un centre de recherche indépendant de l'université George Washington au New York Times.
"Ce que, bien sûr, nous allons essayer de faire", a-t-il ajouté.
Ainsi, rien de concret n’a encore filtré sur la nature des liens entre la plus célèbre agence américaine et le Vatican, mais cette révélation, qui a éveillé la curiosité de certains historiens américains, pourrait en entraîner d’autres.
Germain Gratien